Ils ne sont que de passage…

Ils ne sont que de passage, des passants, des sans âmes, des sans histoire. Ils sont là, ils regardent sans voir et existent sans vivre. L’impression que tout leur appartient et qu’ils ne doivent rien en retour. Le paradoxe du voyageur : vouloir découvrir le monde sans réellement apprendre à le connaître. Des siècles d’histoire aux oubliettes, des vies humaines, des valeurs et des croyances incomprises et transformées en images numériques.

18718326_10155326376994469_1046780156_n

J’observe et j’éprouve un malaise. Qui sont-ils? Que font-ils? Pourquoi sont-ils là? Pour de la reconnaissance, pour se sentir importants et valorisés? Ils dominent sans ne s’en rendre compte. Ils sont nombreux, puissants, envahissants. Ils sont partout, ils se propagent, ils détruisent, faute de ne savoir comment aimer, comment apprécier. Faute de ne savoir comment voir. Ils marchent, se regardent, se prennent en photo. Ils sont le centre de leur propre monde même à des milliers de kilomètres. Ils s’auto-satisfont, se contentent d’être là et surtout de montrer qu’ils sont là.  Que tout le monde les envie et les admire!

Mais qu’en est-il de tous ces hommes et de toutes ces femmes? De tous ces visages qui les regardent avec étonnement, appréhension et admiration. Ceux-là qui ont travaillé à la sueur de leur front sur ces terres empreintes d’histoires de leurs ancêtres. Ces gens regardent les hommes riches et étranges venus de loin qui se croient assis sur le sommet du monde. Bien confortablement installés sur leurs postérieurs sans la moindre intention de changer de position. Trop submergés par l’approbation d’autrui et par leur auto-admiration.

Génération futile, instantanée, vide. Quand il y a tant à voir et à apprendre, ils préfèrent s’admirer au travers d’un écran.

Je préfère regarder ces sourires honnêtes de gens fiers de ce qu’ils ont accompli, de gens fiers de leur pays. Ceux qui ont travaillé à s’en brûler le visage et qui malgré tout, ont trouvé un sens à leur labeur. Des gens qui sont profondément attachés à leur histoire, à leur monde, à leur vérité. Ces gens-là sont vrais et dignes d’admiration. Néanmoins, les ‘’grands’’ hommes riches continuent leur circuit touristique sans détourner le regard, sans les voir, sans les comprendre, chacun de leur côté de la réalité. Deux réalités bien distinctes et parallèles, pouvant pourtant se frôler et s’entrechoquer.

Ces hommes et ces femmes des montagnes, aux peaux vieillies par le soleil, regardent les attroupements de touristes avec curiosité. Ils possèdent quelque chose qu’eux n’ont pas : la liberté de se déplacer. De se déplacer partout dans le monde, la possibilité d’apporter quelque chose de positif, la richesse de pouvoir faire une différence. Ils ont la liberté de choisir. Un luxe qui n’est pas abordable pour tous. Ils ont du pouvoir. Et que font-ils avec ce pouvoir?

Ils ne sont que de passage, des passants, des sans âmes, des sans histoire. Ils sont là. Ils se prennent en photo. Ils regardent sans voir et existent sans vivre.

Puis, ils repartent.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :