Dépression post-voyage: mythe ou réalité?

Par: Claudia Pagé / 18 octobre 2018

Peu importe la durée, l’intensité ou la raison du voyage, le retour à la maison peut parfois être brutal. Ce n’est pas tant le retour et ce qui est devant nous qui fait mal, mais plutôt ce qu’on laisse derrière. Le retour à la « réalité » comme certains aiment l’appeler comporte différentes phases d’adaptation et chaque voyageur les vit d’une manière unique. Certains chercheurs ont tenté d’expliquer ce phénomène, dont le psychologue Marcel Bernier (source).

Aujourd’hui, cela fait déjà 4 mois que je suis revenue de mon voyage de 7 mois en Asie  et je dois dire que je suis passée par toutes sortes d’étapes différentes. Des montagnes d’émotions que j’ai heureusement ou malheureusement l’habitude de vivre depuis mon premier voyage en 2012.

De l'intensité du moment au calme du quotidien. 
De l'aventure dépaysante au connu devenu parfois étranger.

 

Si, depuis votre retour de voyage:

  • Vous êtes plus fatigué qu’à l’habitude.
  • Vous êtes plus émotif.
  • Tout vous semble morne.
  • Vous ne savez plus vers où aller.
  • Vous n’avez qu’une seule envie: repartir.
  • Vous avez l’impression que personne ne vous comprend.
  • La routine vous déprime.

Vous « souffrez » peut-être d’un « choc du retour ». Plusieurs raisons expliquent bien ce chamboulement et se dérèglement temporaire. Il importe de prendre du temps pour soi, de prendre un petit pas de recul et de mettre des mots sur ce que l’on vit, afin de trouver l’inspiration d’avancer vers de nouveaux objectifs.

Les étapes du retour (varie d’une personne à l’autre):

1. La lune de miel 

À mon retour, j’ai vécu deux semaines d’intense bonheur. J’étais comblée de revoir ma famille et mes amis, je voyais les paysages autour de moi d’un œil nouveau, je me sentais choyée par l’abondance matérielle de ma maison douillette, j’étais fière de ce que j’avais accompli et prête à relever de nouveaux défis inspirants (écriture, projets vidéos, cours, etc.) Personnellement, cette phase a duré exactement deux semaines pour moi.

Puis, ce fût le retour au travail.

On oublie… On oublie rapidement la routine, les cadrans, les lunchs, le 9 à 5, le lundi matin, le dimanche soir, l’ennui… L’ennui que tout cela nous inspire. La raison pour laquelle nous désirions tant voyager.

2. Se sentir perdu

Quatre mois depuis mon retour: quatre emplois différents. Puis, arrive l’impression de ne pas « fitter », l’incompréhension de son choix de domaine d’étude, la frustration de se sentir forcé de travailler au plus vite, pour ramasser de l’argent au plus vite, pour revenir à la vraie vie, au plus vite. La société qui tourne autour de toi.

Vite, vite, vite…

En voyage, on se crée de nouveaux repères: Maps.me, les levers et les couchers de soleil, les nouvelles langues, les nouvelles rencontres, etc. On met rapidement de côté la pression de la société et l’anxiété de performance (l’art d’être meilleur que son voisin). Cet esprit de compétitivité, cette pression de réussir dans tous les domaines (relations sociales, emploi, finances, maison, etc.).

Et si la vie était plus que ça?

On en vient à mépriser ce mode de vie et à chercher à revivre ce qui nous rappelle les endroits où nous voyagions par tous les moyens possibles: films, livres, musique, rencontres, restaurants, etc.

 

3. Faire le ménage et repartir du bon pied

Que faire pour se sentir mieux? Mettre des mots sur ce que l’on vit. Plusieurs raisons expliquent le décalage post-voyage: l’intensité de ce qu’on vivait à l’étranger versus à la maison (constamment découvrir du nouveau), la perception positive de soi versus la perception négative de soi (en voyage je me sentais accomplie et fière, à la maison je n’ai rien d’unique), le sentiment de liberté versus la routine, etc.

Remettre les choses en perspective. L’une des étapes importantes pour se sentir mieux après un long voyage est de prendre conscience de tout ce que l’on a accompli, de s’en féliciter, puis de se lancer de nouveaux projets stimulants. En voyage, on bouge et on découvre. Rien de nous empêche de faire la même chose à la maison. Partez un week-end dans une ville où vous n’avez jamais mis les pieds! En voyage, on ne peut pas voir nos amis et notre famille, tandis qu’à la maison, c’est le temps de profiter de la vie avec les gens qui nous entourent.

Il y a du bon partout.

Il suffit de trouver ce qui nous fait du bien. J’ai personnellement opté, après une longue réflexion, pour un travail beaucoup moins payant, mais qui touche au domaine du voyage afin de garder cette flamme. Je rêve déjà de mon prochain voyage.

Qu’est-ce qui t’allume?

 

En bref

Il y aura encore des moments de nostalgie intense. Mais tout bouge, tout change, tout évolue, tout est éphémère. Les souvenirs de voyage sont impérissables. La vie continue. Des bons moments, il y en a aussi à la maison. Les petits plaisirs du quotidien existent et sont plus nombreux qu’on le pense.

 

Et c’est bien connu, le prochain voyage n’attend jamais bien longtemps… 😉

 

Bon voyage les éphémères!

 

BLEUEPHEMERE PROFIL

 

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